Analyse

COMMUNIQUÉ

Les sciences : pas une priorité pour les partis

Le 26 septembre 2018. Dans l’objectif d’interpeller les partis politiques sur des enjeux scientifiques, un comité citoyen leur a acheminé dix questions sur la reconnaissance de faits scientifiques critiques dans le monde actuel. Voici un sommaire des réponses reçues :

  • Le Parti Conservateur du Québec (PCQ), le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti Vert du Québec (PVQ) ont fourni des réponses détaillées, qui peuvent être consultées sur le site web 10questionsdesciences.ca ;
  • Québec Solidaire (QS) a refusé de répondre au questionnaire;
  • La Coalition Avenir Québec (CAQ) et le Parti Québécois (PQ) ont accusé réception de l’initiative mais n’ont pas fourni de réponses dans les délais demandés.

Pour le PCQ, la liberté individuelle a préséance sur les données factuelles, particulièrement en matières de santé et d’éducation publique. Le PCQ ne reconnait pas le consensus sur les changements climatiques, mais reconnaît l’universalité de la méthode scientifique.

Le PLQ n’a malheureusement pas respecté la première consigne, qui consistait à déclarer son degré d’accord avec les énoncés. Ainsi, selon le comité, l’absence de réponse claire sur des questions tranchées n’a pas permis de vérifier si le PLQ s’accorde avec les consensus scientifiques. Selon Olivier Bernard, co-initiateur du projet, “Sans prise de position claire sur les propositions énoncées, il est difficile de comprendre la position du PLQ sur des questions telles que les biotechnologies, l’esprit critique, ou même sur des questions de base, comme celle sur la reconnaissance de la théorie de l’évolution.”

Quant au PVQ, l’intention de la reconnaissance des faits prédomine, malgré une ouverture aux sciences alternatives qui est injustifiée, selon le comité.

Toutefois, compte tenu du taux de participation insatisfaisant, le comité juge qu’il n’est pas approprié de procéder à une analyse comparative des réponses reçues.

Pour Serge-Étienne Parent, co-initiateur du projet, “la reconnaissance des faits est incontournable pour définir des politiques publiques qui vont fonctionner.” Il ajoute que “trois des quatre partis principaux n’ont démontré aucun intérêt à répondre aux enjeux scientifiques que nous avons soulevés. C’est inquiétant.”

Olivier Bernard est du même avis : “Les partis n’hésitent pas à baser leur stratégie politique sur des enjeux qui relèvent de la science, comme l’environnement, la santé et l’éducation. Pourtant, nous ignorons sur quels faits ou données factuelles ils appuient leurs positions; l’initiative aurait permis de comprendre davantage leur raisonnement”.

Le comité dit toutefois comprendre les contraintes auxquelles font face les partis, qu’elles soient liées au manque de ressources ou aux contraintes de la vie interne des partis. Fait notable, QS a spécifiquement refusé de se soumettre à l’exercice en indiquant que de plus amples délibérations étaient nécessaires, sur des questions qui relèvent pourtant du domaine factuel.

“Les 10 questions de sciences étaient un projet-pilote, qui pourra être développé et amélioré, en vue de devenir un incontournable lors d’élection futures”, exprime Olivier Bernard. Pour les initiateurs du projet, peu importe le résultat des élections, les citoyens devront aiguiser leur pensée critique et faire preuve d’une vigilance particulière lorsque des enjeux scientifiques sont soulevés par les partis.

Le site web 10questionsdesciences.ca présente les questions et les réponses reçues. Le comité y propose également un sommaire du consensus scientifique actuel quant aux enjeux soulevés.